« Si le hadith est authentique, il s'agit de mon Madhhab »

« Si le hadith est authentique, il s'agit de mon Madhhab »
par Gibril F Haddad

L'une des paroles les moins bien comprises de l'imâm al-Shafi'î est sa célèbre phrase : « Lorsque l'authenticité d'un hadith est établie, c'est mon madhhab » Les Savants de l'Ecole ont expliqué, contrairement à l'approche des « salafis », que ce principe s'adresse aux juristes capables de distinguer les hadiths abrogeants et authentiques des hadiths abrogés et faibles ainsi que de dériver les règles en rassemblant les preuves d'après les principes de la Loi et ceux de la langue Arabe. [1]

Al-Nawawî a dit :


Ce qu'a dit l'imâm al-Shafi'î ne signifie pas que quiconque voit un hadith sahih doive dire « C'est le madhhab d'al-Shafi'î ! » , en appliquant simplement le sens littéral ou la signification apparente de cette parole. Ce qu'il a dit s'applique très certainement uniquement aux personnes qui ont le rang de l'ijtihâd dans le madhhab. Et ceci à condition que la personne soit fermement convaincue que l'imâm al-Shafi'î n'avait pas connaissance soit de l'existence du hadith, soit de son authenticité. Et cela n'est possible qu'après avoir recherché dans tous les livres d'al-Shafi'î et d'autres ouvrages similaires de ses compagnons, ceux qui ont pris de lui leur science et les autres personnes semblables. C'est bien sûr une condition difficile à remplir. Peu sont ceux en qui nous retrouvons ces compétences à notre époque. [2]

Ce que nous avons expliqué comportait des conditions car l'Imâm al Shafi'î a cessé d'agir selon le sens apparent de nombreux hadiths, qu'il considérait [authentiques] et connaissait. Cependant, il a établi des règles pour critiquer les hadiths ou leur abrogation ou leur circonstance spécifique ou leur interprétation et ainsi de suite. Shaykh Abu 'Amr [Ibn al Salâh] a dit :

« Il n'est pas évident d'agir selon le sens apparent de la parole d'al-Shafi'î.

Car il n'est pas permis à tout juriste (faqih) – et encore moi à l'homme du commun ('âmmi) – d'agir indépendamment selon ce qu'il prend comme preuve provenant d'un hadîth... Ainsi, quiconque parmi les Shafi'ites trouve un hadith qui contredit son Ecole doit examiner s'il est lui-même absolument accompli [en terme de compétence] dans toutes les disciplines de l'ijtihâd, ou sur ce sujet en particulier, ou des questions spécifiques. [Si c'est le cas] alors il est en droit de l'appliquer de façon indépendante.

Dans le cas contraire, s'il trouve qu'aller à l'encontre du hadîth lui pèse – après avoir recherché et n'avoir trouvé aucune justification pour le faire – alors il devrait l'appliquer si un autre Imâm indépendant (mujtahid) qu'al-Shafi'î l'a appliqué. C'est une bonne raison pour lui de quitter l'avis (madhhab) de son Imâm dans un tel cas. "[3]




_____________________________________________


[1] Voir, en particulier, Ma'nâ Qawl al-Imâm al-Muttalibî Idhâ Sahha al-Hadîthu Fahuwa Madhhabî par le Shaykh al-Islâm Taqî al-Dîn al-Subkî; Adab al-Muftî wa al-Mustaftî de Ibn al-Salâh; et le premier volume d' al-Majmu' d'al-Nawawî.

[2] I.e. à l'époque d'al-Nawawî, a fortiori de nos jours. Parmi ceux qui ont vécu au siècle d'al-Nawawî's figuraient al-Fakhr al-Râzî, Ibn al-Salâh, al-Mundhirî, Ibn 'Abd al-Salâm, al-Qurtubî, Ibn al-Munayyir, Ibn al-Qattân, al- Diyâ' al-Maqdisî, Ibn Qudâma, et Ibn Daqîq al-'îd !

[3] Al-Nawawî, al-Majmu' Sharh al-Muhadhdhab (1:64), citant Ibn al-Salâh's Fatâwâ wa Masâ'il (1:54, 1:58-59). Cf. al-Tahânawî, I'lâ' al-Sunan (2:290-291).


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# Posté le jeudi 11 mai 2006 18:53

Modifié le samedi 13 mai 2006 08:59

Hadith de Hassan sur les qualités de l'Envoyé d'Allah saws

Hadith de Hassan sur les qualités de l'Envoyé d'Allah saws
Extrait de Kitab as Chifa' du Qadhi 'Iyyad.

Enfin, nous avons jugé utile de clore ces sections par l'évocation du hadîth que rapporte al-Hassan , d'après Abû Hâla. Il renferme, en effet, beaucoup de ces qualités, de ces propriétés et regroupe nombre de ces attitudes et vertus que nous avons évoquées.

Al-qâdî Abû Alî al-Hussein nous a rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à al-Hassan Ibn Alî Ibn Abî Tâlib :

J'ai interrogé mon oncle Hind Ibn Abî Hâla qui était doué pour la description sur l'aspect physique de l'Envoyé de Dieu afin qu'il me le décrive et que je m'attache à ses paroles. Il m'a répondu par ceci:

"L'Envoyé de Dieu était magnifique et superbe. Son visage avait l'éclat de la pleine lune. Il était plus grand que l'homme trapu et moins grand que l'homme longiligne. Doté d'une grande tête, il avait une chevelure légèrement ondulée, qui ne dépassait pas les lobes de ses oreilles lorsqu'il la laissait pousser.

Il avait le teint éclatant, le front large, les sourcils longs et fins ; ses sourcils étaient fournis sans se toucher, car il y avait entre eux une veine qui charrie la colère. Il avait le nez aquilin et lumineux et celui qui ne le regarderait pas attentivement le trouverait trop long. Doté d'une barbe bien fournie, il avait de grands yeux noirs, des joues émaciées, une grande bouche ornée d'une belle dentition, des poils de poitrine très fins. Son cou était semblable à la nuque d'une statue qui a la pureté de l'argent.

Doté d'une constitution bien équilibrée, il avait un corps solide et ferme, sans déformation entre la poitrine et le ventre, avec des épaules larges et de gros os aux extrémités. Sa peau était claire. Le haut de sa poitrine était lié à son nombril par des poils fins qui formaient une ligne continue. Il était poilu au niveau des bras, des avant bras et du haut de la poitrine, avec des paumes larges, des mains et des pieds charnus, des doigts longilignes, des membres sans défaut, des plantes de pied régulières et lisses sur lesquelles l'eau glissait, il effectuait ses pas posément et marchait dignement.

Il était rapide dans sa marche. Lorsqu'il marchait, c'est comme s'il descendait une pente et lorsqu'il se retournait, il le faisait avec tout son corps. La plupart du temps, son regard était baissé. Sa manière de voir était pour l'essentiel de la réflexion, sans chercher à fixer ce qu'il regardait. Il poussait ses Compagnons devant lui et commençait par saluer celui qui le croisait."

Al-Hassan ajoute: J'ai dit: Décris-moi sa façon de s'exprimer Il m'a dit:

L Envoyé de Dieu était constamment triste et absorbé par la réflexion et la méditation sans connaître le moindre répit. Il ne parlait que par nécessité et gardait longuement le silence.

Il commençait et terminait ses phrases en usant de paroles globales et tranchantes, sans affectation ni insuffisance. Affable, il n'était ni grossier, ni offensant. Il estimait le bienfait même s'il était minime et ne discréditait rien. Il ne blâmait, ni ne louait aucun goût. Rien ne pouvait faire face à sa colère lorsqu'il était question de droit et de vérité jusqu'à ce qu'il les fasse triompher. Il ne s'emportait pas pour lui-même et ne cherchait pas à obtenir gain de cause. Lorsqu'il faisait un signe, son geste était complet.

Lorsqu'il s'étonnait, il retournait sa main et lorsqu'il pariait, il touchait sa paume gauche avec on pouce droit. Lorsqu'il se mettait en colère, il tournait le visage et lorsqu'il se réjouissait, il baissait le regard. Son rire était essentiellement un sourire qui dégageait des dents éclatantes comme les grains blanchâtres des nuages."

Al-Hassan ajouta: J'ai gardé cela un moment, puis j'en ai parlé à mon frère al-Hussein Ibn 'Alî et j'ai constaté qu'il m'avait devancé à ce sujet. En effet, il avait interrogé son père sur les entrées de l'Envoyé de Dieu, ses sorties, ses séances et son physique. Son père lui en avait tout dit. AI-Hussein a donc rapporté ceci: J'ai interrogé mon père(l'imam 'Ali )sur les entrées de l'Envoyé de Dieu et il m'a répondu en ces termes:

"Ses entrées chez lui s'effectuaient par autorisation divine. Lorsqu'il se retirait dans sa maison, il répartissait son temps en trois parts: Une part pour Dieu, une part pour ses épouses et une part pour lui-même. Ensuite, il divisait sa propre part entre lui-même et ses rapports avec les gens, en s'occupant des gens du commun grâce aux services des gens de l'élite et en n'économisant rien à leur détriment.

Sa gestion de la part du temps réservé à la communauté consistait, entre autres, à accorder ses préférences aux gens selon le degré de leur mérite en matière de religion, car certains avaient un seul besoin à satisfaire et d'autres en avaient deux ou plusieurs. Il s'occupait d'eux et les occupait à servir leurs intérêts et ceux de la communauté en s'enquérant d'eux et en les informant de leurs devoirs. Il disait a ce propos:

"Que ceux d'entre vous qui sont présents informent ceux qui sont absents. Transmettez les besoins de celui qui ne peut pas me les transmettre. Car celui qui transmet aux dépositaires du pouvoir les besoins de celui qui ne peut pas les transmettre, Dieu le soutiendra au Jour de la Résurrection.'

Al-Hussein ajouta: Informe moi de ses agissements dans les rapports publics. Il m'a dit:

L'Envoyé de Dieu gardait sa langue, sauf pour tout ce qui était dans les intérêts des membres de sa communauté, pour les rapprocher et éviter de les diviser. Il honorait les hommes généreux de chaque groupe, leur confiait les responsabilités, mettait les gens en garde, restait vigilant à leur égard sans cacher sa bonté et son bon caractère, de crainte que les membres de sa communauté ne deviennent insouciants ou ne soient touchés par la lassitude.

Il s'occupait de ses Compagnons, confirmait ce qui est bon et l'améliorait, blâmait ce qui est mauvais et le rabaissait, recherchait l'équilibre dans la gestion des affaires en évitant les désaccords et les contradictions. Il affrontait chaque situation avec les armes appropriées sans se départir de la vérité ou la contourner. Ceux qui le représentaient parmi les gens sont ceux qui étaient les meilleurs, et les meilleurs d'entre eux auprès de lui sont ceux qui prodiguaient le plus de conseils aux gens.

Enfin, ceux qui jouissaient de la plus grande place auprès de lui étaient les plus compatissants et attentifs aux autres"

Al-Hussein ajouta encore: Je l'ai alors interrogé sur les séances qu'il tenait et ce qu'il y faisait. Il m'a répondu par ceci:

"L'Envoyé de Dieu ne s'asseyait et ne se levait au cours des séances qu'il tenait qu'après avoir mentionné Dieu. Il ne choisissait pas une place particulière. Lorsqu'il rejoignait des gens déjà assis, il se mettait là où il y avait de la place et il ordonnait qu'on fasse de même.

Il accordait à celui qui s'asseyait avec lui la place qui lui convenait, au point qu'il croyait être le seul individu honoré de la sorte. Avec celui qui s'asseyait auprès de lui ou le fréquentait pour avoir quelque chose, il se montrait patient jusqu'à ce qu'il s'en aille le premier. A celui qui lui demandait quelque chose, il ne le renvoyait qu'après l'avoir satisfait ou lui avoir répondu par des propos agréables.

Supportant les gens grâce à sa tolérance et à son bon caractère, il semblait pour eux comme un père, car ils étaient pour lui égaux en droit, proches et ne se distinguant que par le degré de la crainte révérencielle."

Al-Hussein ajouta aussi: Je l'ai alors interrogé sur son attitude envers ses interlocuteurs. Il m'a répondu par ceci:

L'Envoyé de Dieu était constamment souriant et affable, de caractère docile, agréable à fréquenter, sans être grossier, vulgaire, obscène, criard, diffamateur ou flatteur. Il fermait les yeux sur ce qu'il n'aimait pas et ne faisait pas désespérer ceux qui cherchaient conseil à ses côtés.

Il a évité trois choses: la duplicité, le fait de multiplier les paroles et le fait de s'occuper de ce qui ne le concernait pas. Il s'était départi de trois choses à l'égard des gens: Il ne blâmait et ne raillait personne, ne scrutait pas les défaillances et ne parlait qu'en vue du bien et de la récompense future. Lorsqu'il se mettait à parler, ceux qui formaient son auditoire baissaient la tête et restaient immobiles et silencieux. Ils ne prenaient la parole que lorsqu'il gardait le silence, sans se disputer en sa présence. Ils écoutaient attentivement jusqu'à la fin celui qui parlait en sa présence.

Leur conversation gardait l'empreinte de celui qui l'a commencée. II riait de ce qui les faisait rire et s'étonnait de ce qui provoquait leur étonnement.
Il patientait devant l'hostilité du ton de l'étranger et disait: Lorsque vous voyez celui qui recherche son argument, soutenez-le. Il ne recherchait le compliment que de Celui qui récompense et ne coupait la parole à personne jusqu'à ce qu'il estime son discours achevé, soit en cessant de parler, soit en se levant."

Ici se termine le hadîth que rapporte Sufyan Ibn Waki'.

Dans une autre version al-Hussein ajoute ceci: Je l'ai interrogé sur le silence de l'Envoyé de Dieu et il m'a dit ceci:

Il gardait le silence en vertu de quatre choses: par mansuétude, par vigilance, par considération et par réflexion. S'agissant de sa considération, elle portait sur la justesse de l'examen et l'écoute des gens.

Quant à sa réflexion, elle portait sur ce qui est contingent et ce qui est impérissable.

La mansuétude a été concentrée pour lui dans la patience. Ainsi, aucune chose qui le provoquait n'arrivait à déclencher sa colère. De même, la vigilance a été réduite pour lui dans quatre choses:

Son adoption de ce qui est bon pour qu'on se conforme à lui, son abandon de ce qui est mauvais et laid pour qu'on cesse de le faire, le recours à l'opinion pour tout ce qui améliore sa Communauté et le fait de s'occuper d'elle pour tout ce qui porte sur les affaires du bas monde et de la vie future


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# Posté le jeudi 11 mai 2006 18:51

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 12:49

Le coran - Les buts sublimes dans la sourate al-Fâtiha

Le coran - Les buts sublimes dans la sourate al-Fâtiha
par Ibn Qayyim al Jawziyya
extraits de Madarij al Salikin (les Sentiers des Itinérants)


[1] Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

[2] Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

[3] Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

[4] Maître du Jour de la rétribution.

[5] C'est Toi (Seul) que nous adorons, et c'est Toi (Seul) dont nous implorons secours.

[6] Guide-nous dans le droit chemin,

[7] le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.


Sache que la sourate al-Fâtiha (la Liminaire) renferme de la manière la plus parfaite les buts les plus sublimes. Ainsi, elle renferme la définition de Celui qui est adoré - qu'Il soit béni et exalté - au moyen de trois noms qui constituent la référence et le pivot des plus beaux noms divins et des qualités sublimes, à savoir Allâh (Dieu), al-Rab (le Seigneur) et al-Rahman (le Tout Miséricor­dieux).

De même cette sourate est fondée sur la divinité (al-ilâhiyya), la seigneurie (al-rubûbiyya) et la miséricorde (al-rahma).

En effet la première séquence du verset 5 : se fonde sur la divinité ; la deuxième de ce même verset :


< C'est à Toi que nous demandons l'assistance>


se fonde sur la seigneurie et la demande d'être guidé sur le chemin droit s'effectue grâce à la miséricorde. Ensuite la louange englobe ces trois aspects. Car Il est loué pour Sa divinité, Sa seigneurie et Sa miséricorde.

Mais cette sourate renferme également la confirmation de retour final, la rétribution des serviteurs selon leurs oeuvres qu'elles soient bonnes ou mauvaises, le pouvoir unique ce jour-là, qu'aura le Seigneur pour juger les créatures et le fait que Son jugement se fonde sur la justice et l'équité. Tout ceci se trouve dans le verset 4 de cette sourate :


< Le Roi du Jour du, jugement>

Il faut dire aussi que cette sourate renferme la confirmation des prophéties sous plusieurs rapports. Ainsi que les trois sortes du tawhîd (affirmation de l'unicité divine) autour desquelles s'accordent les Messagers de Dieu - que Dieu leur accorde la grâce et la paix.

La sourate al-Fâtiha comporte également deux formes de guérison : une guérison des coeurs et une guérison des corps.

S'agissant de la guérison des coeurs, elle la renferme parfaitement. En effet l'axe des maux qui affectent les coeurs tourne autour de deux principes : la dégénérescence du savoir et la dégénérescence du dessein, ce qui génère deux maladies mortelles, à savoir l'égarement et l'emportement.

En effet l'égarement est le résultat de la dégénérescence de la science et la colère est le résultat de la corruption du dessein. Ces deux maux constituent le pivot de tous les maux qui affectent les coeurs. Et c'est la guidance sur le droit chemin qui renferme la guérison de la maladie de l'égarement et de la perdition. C'est pourquoi la demande de cette guidance a été imposée sous forme d'invocation à chaque serviteur et a été rendue obligatoire tous les jours et les nuits à chaque prière en raison de son extrême besoin pour cette guidance recherchée.

Et il n'y a rien qui puisse remplacer cette demande de la guidance. En effet ce remède est composé de six éléments :

1) la sujétion à Dieu et à rien d'autre,

2) sur la base de Son ordre et de Sa loi,

3) non sur la base de la passion,

4) ni sur la base des opinions des hommes, de leurs situations, de leurs traces et de leurs idées,

5) en recourant à Son assistance pour L'adorer,

6) non en comptant sur les moyens propres du serviteur, sur sa force, sa puissance ou celles d'autrui.

Tels sont les éléments que renferme l'expression coranique :

< C'est Toi que nous adorons. C'est à Toi que nous demandons l'assistance>.

Lorsqu'ils sont composés par le médecin bienveillant qui connaît le mal et qu'ils sont utilisés par le malade, la guérison complète est assurée. Et si elle est partielle c'est en raison de la négligence d'un ou plusieurs de ces éléments.

Par ailleurs le coeur s'expose à deux maladies très graves. Si le serviteur ne se rattrape pas à temps ils risquent de causer sa perte. Ce sont la duplicité et l'orgueil.

Ainsi le remède de la duplicité réside dans < C'est Toi que nous adorons> et celui de l'orgueil dans < C'est à Toi que nous demandons l'assistance>. Du reste j'ai souvent entendu scheikh al-islâm ibn Taymiyya - que Dieu sanctifie son âme - répéter ceci : «L'expression < C'est Toi que nous adorons > chasse la duplicité et l'expression < C'est à Toi que demandons l'assistance > chasse l'orgueil ».

S'agissant de la guérison des corps, rappelons ce que rapporte la Sunna et ce qui est confirmé par les règles de l'art médical et par l'expérience.

En effet, il est rapporté dans le hadîth authentique d'après Abû l-Mutawakkil al-Nâjî et Sa'id al-Khudrî : « Un groupe de compa­gnons du Prophète passa près d'un bivouac d'une tribu arabe, mais les gens de ce campement ne les ont pas invités à manger chez eux. Sur ces faits, le chef de cette tribu fut mordu par un serpent. Les gens du campement vinrent voir les compagnons et leur demandèrent : "Avez-vous un remède ou y a-t-il parmi vous quelqu'un qui sait pratiquer l'incantation ?" Ils répondirent : "Certes, oui, mais vous avez oublié de nous inviter. Nous ne le ferons que si vous nous promettez une récompense". Ainsi ils leur promirent un certain nombre de brebis. Alors un homme de ce groupe se mit à réciter sur le chef de la tribu la sourate al-Fatiha (la Liminaire) et ce dernier se leva comme s'il n'avait rien. Nous nous sommes dit alors : "Ne nous empressons pas avant d'avoir revu le Prophète ". A notre retour nous lui rapportâmes ce qui était arrivé. Il nous dit : "Comment avez-vous su que c'est une incantation ? Mangez-les et gardez-moi ma part" ».

La sourate Liminaire embrasse toutes les significations du Coran: Le secret de la création, de l'ordre, des Livres et des lois révélés, de la rétribution et du châtiment se ramènent à ces deux séquences de la sourate Liminaire qui constitue le pivot de la servitude (al`ubudiyya) et de l'affirmation de l'unicité divine (al-tawhid).

En effet on a dit que Dieu a fait descendre cent quatre Livres révélés dont les significations sont condensées dans la Thora, les Evangiles et le Coran ; les significations de ceux-ci sont condensées dans le Coran ; celles du Coran sont condensées dans le Mufassal du Coran; à leur tour les significations du Mufassal sont condensées dans la Fatiha (la sourate Liminaire), dans le verset 5 de celle-ci :


< C'est Toi que nous adorons. C'est à Toi que nous implorons l'assistance.>


Il s'agit là de deux phrases partagées moitié moitié entre le Seigneur et Son serviteur : la part du Seigneur c'est : < C'est Toi que nous adorons> et celle du Serviteur c'est : < C'est à Toi que nous implorons l'assistance>.


Cela dit l'adoration (al- ibâda) réunit deux principes essentiels : l'extrême amour avec le maximum d'humilité et de soumission. Du reste, les arabes disent d'une voie qu'elle est mu'abbada, c'est-à-dire aplatie et rendue praticable. Et le mot arabe al-ta 'abbud signifie l'humilité et la soumission. Ainsi, lorsque tu aimes quelqu'un sans te soumettre à lui tu ne peux l'adorer, et si tu te soumets à lui sans amour tu ne l'adores pas non plus, puisque tu n'es pas un amant soumis.


Voilà pourquoi ceux qui nient que les serviteurs puissent aimer leur Seigneur nient en fait la réalité foncière de la condition servile de l'être créé (al-`ubûdiyya); et ceux qui nient le fait qu'Il puisse être leur Bien-Aimé nient le fait qu'Il soit un Dieu, même si par ailleurs, il le reconnaissent comme Seigneur des mondes et leur Créateur.

Voilà l'extrême limite de leur tawhîd (affirmation de l'unicité divine) qui est le tawhîd de la seigneurie, déjà reconnu par les arabes polythéistes de l'époque anté-islamique, conformément aux indications du Coran à ce sujet :


< Si tu leur demandes qui les a créés, ils disent : C'est Dieu >
(Coran : XLIII - 87) ;

< Si tu leur demandes : Qui a crée les cieux et la terre ? Ils diront : C'est Dieu! >
(Coran : XXXIX - 38) ;

< Dis : A qui donc appartiennent la terre et ceux qui s) trouvent ? Si seulement vous le saviez ? Ils diront : A Dieu ! ...Réponds : Eh quoi ? ... Ne vous en souviendrez-vous pas ? Dis : Qui est le Seigneur des sept cieux ? Le Seigneur du Trône immense ? Ils diront : C'est Dieu ! Dis : Ne Le craindrez-vous pas ? Dis : Qui tient en Sa main la royauté de toute chose ? Qui donc protège et n'a pas besoin de protection ? Si seulement vous le saviez ! Ils répondront : C'est Dieu ! ... Dis : Comment se fait-il que vous soyez ensorcelés? >
(Coran : XXIII - 84-89).


C'est une preuve contre eux qui atteste l'unicité de Sa divinité et qui montre qu'on ne doit pas adorer tout autre que Lui et qu'il n'y a pas d'autre créateur et d'autre Seigneur en dehors de Lui.

De même l'assistance réunit deux principes : la confiance en Dieu et le fait de compter sur Lui. En effet, il arrive à l'homme d'avoir confiance en un individu particulier parmi les hommes mais sans qu'il compte sur lui pour ses affaires malgré toute la confiance mise en lui parce qu'il peut se passer de lui. D'un autre côté il peut compter sur lui bien qu'il n'ait pas confiance en lui parce qu'il a besoin de lui et ne trouve pas celui qui pourrait le remplacer. Ainsi, il a besoin de s'appuyer sur cette personne bien qu'il n'ait pas confiance en elle.

Or le tawakkul (le fait de s'en remettre en toute confiance) comporte deux éléments de signification : la confiance et l'appui et il constitue la réalité même du verset 5 :


< C'est Toi que nous adorons. Et c'est à Toi que nous implorons l'assistance.>


Il faut savoir que ces deux principes, à savoir le tawakkul et l'adoration ont été évoqués dans plusieurs passages du Coran où ils sont souvent réunis, notamment dans les versets suivants :


< Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie à Lui et je reviens repentant vers Lui>
(Coran : XI - 88) ;

< Le mystère des cieux et de la terre appartient à Dieu. Toute chose revient à Lui. Adore-Le donc et confie-toi à Lui>
(Coran : XI - 123) ;

< Notre Seigneur ! Nous nous confions à Toi ! Nous revenons à Toi ! Vers Toi sera le retour .!>
(Coran : LX - 4) ;

< Invoque le nom de ton Seigneur; Consacre-toi totalement à Lui Il est Le Seigneur de l'Orient et de l'Occident : il n'y a de dieu que Lui. Prends-Le donc comme protecteur >
(Coran : LXX - 8-9) ;

< Dis : C'est Lui, mon Seigneur ! Il n'y a de dieu que Lui ! Je me confie à Lui ; vers Lui est mon retour>
(Coran : XIII - 30).


Voilà donc six passages du Coran où ces deux principes < C'est Toi que nous adorons, et c'est à Toi que nous implorons l'assistance> sont unis ensemble.

La réalisation grâce à < C'est Toi que nous adorons>.


Le serviteur ne peut se réaliser grâce à < C'est Toi que nous adorons>
qu'en vertu de deux grands principes :


-le fait de suivre l'Envoyé de Dieu

-la sincérité envers Celui qui est adoré.

Les gens se divisent en vertu de ces deux principes en quatre catégories.

-La première catégorie : ce sont les gens de la sincérité et du suivisme envers Celui qui est adoré. Ce sont les vrais adeptes de < C'est Toi que nous adorons>. En effet tout chez eux est voué à Dieu : leurs oeuvres, leurs paroles, leurs dons, leurs retenues, leur amour et leur haine. Leur façon de traiter les autres est vouée intérieurement et extérieurement à Dieu seul. Ils ne veulent pour cela ni récompense, ni compliment de la part des gens, ni avoir une bonne réputation auprès d'eux, ni chercher leurs louanges, ni la considération dans leurs coeurs, ni fuir leur blâme.

C'est qu'ils considèrent les gens comme des habitants des tombes : ils ne peuvent leur apporter ni dommage, ni profit, ni mort, ni vie, ni résurrection. C'est dire qu'oeuvrer pour les gens, rechercher la réputation et la considération auprès d'eux et espérer qu'ils peuvent être utiles ou craindre qu'ils peuvent être nuisibles, ce sont autant d'attitudes qui ne peuvent provenir d'un homme qui connaît parfaitement les hommes mais d'un homme qui ignore tout d'eux et de son Seigneur. Car celui qui connaît les hommes les met à la place qui leur revient ; et celui qui connaît Dieu lui voue sincèrement ses oeuvres et ses paroles, ses dons et ses retenues, ce qu'il aime et ce qu'il déteste. C'est dire qu'aucun homme ne favorise le traitement des créatures par rapport à Dieu que s'il ignore Dieu et la réalité des créatures. Car s'il connaît Dieu et s'il connaît les hommes il accorderait sa préférence au traitement de Dieu au détriment de celui des hommes. De même toutes les oeuvres des gens de cette catégorie ainsi que toute leur dévotion sont conformes à l'ordre de Dieu, à ce qu'Il aime et à ce qu'Il agrée.

Voilà le seul genre d'oeuvre que Dieu accepte. Car II a éprouvé Ses serviteurs par la vie et la mort pour cela. En effet Dieu - qu'Il soit exalté - a dit :


< Celui qui a créé la vie et la mort pour vous éprouver et connaître ainsi celui d'entre vous qui agit le mieux>
(Coran : LXVII - 2).


Il a fait de tout ce qui se trouve sur la terre un ornement pour les éprouver et voir lequel d'entre eux possède la meilleure oeuvre.


Al­Fudhayl ibn `Iyâdh a dit : « La meilleure oeuvre est celle qui est la plus sincère et la plus juste ». On lui a demandé : « Comment ? » Il a répondu : « Lorsque l'oeuvre est sincère sans être juste elle n'est pas acceptée et lorsqu'elle est juste sans être sincère elle n'est pas acceptée non plus. Ceci jusqu'à ce qu'elle devienne sincère et juste à la fois. Or ce qui est sincère est ce qui est voué à Dieu, et ce qui est juste est ce qui est conforme à la Sunna ».


C'est ce qui est indiqué dans ces deux versets :

< Celui qui espère la rencontre de son Seigneur doit accomplir de bonnes actions et n'associer personne dans l'adoration de son Seigneur>
(Coran : XVIII - 110) ;

< Qui donc professe une meilleure Religion que celui qui se soumet à Dieu, celui qui fait le bien>
(Coran : IV - 125).


Ainsi, Dieu n'agrée, en matière d'oeuvres, que ce qui Lui est voué en toute sincérité et qui est conforme à Son ordre. Tout le reste est renvoyé à son auteur en miette et en poussière. Il est rapporté dans le hadîth authentique transmis par `Âisha - que Dieu soit satisfait d'elle - que le Prophète a dit : « Toute oeuvre dépourvue de conformité ne fait qu'éloigner son auteur de Dieu ». Car Dieu - qu'Il soit exalté - est adoré conformément à Son ordre et non pas selon les opinions et les passions.

- La deuxième catégorie : c'est la catégorie de celui qui n'a ni sincérité ni conformité. Son oeuvre n'est pas conforme à une loi révélée et elle n'est pas vouée sincèrement à Celui qui est adoré. C'est le cas des oeuvres de ceux qui veulent faire plaisir aux gens, uniquement par duplicité en adoptant ce qui n'est pas légalisé par Dieu et Son Messager . Il s'agit là des pires créatures, les plus méprisées par Dieu - qu'Il soit exalté et magnifié -. Elles sont largement concernées par cette parole divine :


< Ne crois pas que ceux qui se réjouissent de ce qu'ils ont fait et qui aiment être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne crois pas qu'ils soient à l'abri du chatiment. Un douloureux chatiment leur est réservé >
(Coran : III - 188).


Ils se réjouissent de ce qu'ils adoptent comme innovation blâmable, égarement et polythéisme et aiment être loués d'avoir suivi la Sunna et la sincérité. Les hommes de cette catégorie se recrutent surtout chez les faux savants, ascètes et dévots qui ont dévié par rapport au droit chemin. En effet, ils commettent toutes sortes d'innovations blâmables, d'égarements, de duplicités, de recherche de réputations et ils aiment qu'on les loue pour ce qu'ils n'ont pas fait, c'est-à-dire de s'être conformés à la Sunna, à la sincérité et à la science. Ce sont en fait des gens qui encourent le courroux divin et s'exposent à la perdition.

- La troisième catégorie : il s'agit de celui qui est sincère dans ses oeuvres mais celles-ci ne sont pas conformes à l'ordre. C'est le cas des ignorants parmi certains dévots et ascètes et tous ceux qui adorent Dieu sans respect pour Ses commandements, qui croient que leur dévotion constitue une forme de rapprochement de Dieu. C'est le cas aussi de celui qui croit qu'entendre les sifflements et les battements des mains constitue une forme de rapprochement, que la retraite au cours de laquelle il rate la prière en commun du Vendredi l'est aussi, que jeûner le jour et la nuit sans discontinuité l'est aussi et que jeûner le jour où tout le monde sans exception a rompu le jeûne l'est aussi.

- La quatrième catégorie : il s'agit de celui dont les oeuvres sont conformes à l'ordre mais elles ne sont pas vouées sincèrement à Dieu. C'est le cas des actes d'obéissance de ceux qui font preuve de duplicité, de l'homme qui combat par esprit du corps et pour qu'on dise qu'il est courageux, de celui qui effectue le pèlerinage pour qu'on dise que c'est un hâj (pèlerin), de celui qui lit le Coran pour qu'on dise que c'est un lecteur. Les oeuvres de tous ces gens sont extérieurement des oeuvres pies et recommandées mais, en réalité, elles sont vaines puisqu'elles ne sont pas agréées :


< On leur avait seulement ordonné d'adorer Dieu comme de vrais croyants qui Lui rendent un culte pur >.

# Posté le jeudi 11 mai 2006 18:45

La Shari'a: le Chemin Evident

La Shari'a: le Chemin Evident
Par le Shaykh Faraz Rabani, professeur de Chari'a à l'université d'Aman en Jordanie.

« ... A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Dieu avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes oeuvres. C'est vers Dieu qu'est votre retour à tous; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez. » (Qur'an, 5 :48)


Pour les Musulmans, la vie n'a pas commencé à la naissance, mais bien longtemps avant celle-ci. Avant même la création du premier des hommes. Elle a commencé quand Dieu a créé les âmes de tous ceux qui allaient exister, et leur a demandé « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Elles répliquèrent toutes « Si.»

Dieu a décrété pour chaque âme un temps sur la terre pour les éprouver. Puis, arrivées au terme de leur temps déterminé, Il les jugera et les enverra vers leur destination éternelle : l'une de bien-être éternel, ou l'autre de peine éternelle.

Cette vie est donc une quête qui offre à ceux qui l'entreprennent de nombreux chemins. Un de ces chemins est clair et droit. Ce chemin c'est la Shari'ah.


La Guidance Divine

En arabe, Shari'ah signifie le chemin clair et bien et bien tracé pour atteindre l'eau. Islamiquement, ce mot est utilisé pour se référer aux questions de religion que Dieu a légiférées pour Ses serviteurs. La signification linguistique trouve un reflet dans son usage technique : tout comme l'eau est vitale à la vie humaine, la clarté et la droiture de la Shari'ah est le moyen pour la survie des âmes et des esprits. A travers l'histoire, Dieu a envoyé des messagers à tous les peuples autour du monde, pour les guider au chemin droit qui les mènera au bonheur et le seul à suivre. Tous les messagers ont enseigné le même message au sujet de la croyance (le Qur'an enseigne que tous les messagers appelaient les gens à adorer le Dieu Unique), mais les prescriptions spécifiques des lois divines qui régulaient la vie des gens ont varié selon les besoins de ce peuple et l'époque.

Le Prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) était l'ultime messager et sa Shari'ah représente l'ultime manifestation de la miséricorde divine. « Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre mode de vie (religion, din), et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme mode de vie pour vous. » (Qur'an, 5) Il a été dit au Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) que : « Nous ne t'avons envoyé que comme une miséricorde pour toute la création. » (Qur'an, 21 : 179)


Statuts Légaux

La Shari'ah régule toutes les actions des humains et les classe en cinq catégories: obligatoire, recommandé, permis, déconseillé, ou interdit.

Les actions obligatoires doivent être accomplies et quand elles sont accomplies avec une bonne intention elles sont récompensées. Son contraire est ce qui est interdit. L'acte recommandé est celui qu'il vaut mieux accomplir. Son contraire est ce qui est déconseillé. L'action permise est celle qui n'est ni encouragée ni déconseillée. La plupart des actions humaines tombent dans cette dernière catégorie.

La valeur ultime des actions est basée sur la l'intention et la sincérité, comme il a été mentionné par le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix), qui a dit : « Les actes ne valent que par leur intention, et chacun sera récompensé selon celle-ci. »

La vie sous la Shari'ah La Shari'ah couvre tous les aspects de la vie humaine. Les manuels de Shari'ah classiques sont souvent divisés en quatre parties : les lois concernant les actes personnels d'adoration, les lois régulant les échanges commerciaux, les lois relatives au mariage et au divorce, et les lois pénales.


La Philosophie du Droit

Dieu a envoyé les Prophètes et les Livres à l'humanité pour leur montrer le chemin vers le bonheur dans cette vie, et le succès dans l'Au-Delà. Ceci est englobé par la prière du croyant qui est mentionnée dans la Coran : « Notre Seigneur, accorde nous un bien dans ce monde, un bien dans l'autre, et préserve nous du châtiment du Feu. » (2 :201) Les philosophes du droit en l'Islam, comme Ghazali, Shatibi, et Shah Wali Allah expliquent que le but de la Shari'ah est d'encourager le bien de l'humanité. Ceci est évident dans le Qur'an et les enseignements du Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix).

Les savants expliquent que le bien des humains est basé sur la satisfaction des nécessités, des besoins, et des commodités.


Les Nécessités

Les nécessités sont des choses sur lesquelles dépendent la vie de ce monde comme la vie religieuse. Leur négligence mène à une difficulté insupportable dans cette vie, ou la punition dans l'autre. Il y'a cinq nécessités : la préservation de la religion, de la vie, de l'intellect, de la lignée et des biens. Celles-ci assurent un bien-être individuel et social dans cette vie et dans l'Au-Delà. La Shari'a protège ces nécessités de deux façons: premièrement en assurant leur établissement et ensuite en les préservant.

1. Religion : Pour assurer l'établissement de la religion, Dieu Le Très Haut a rendu la croyance et l'adoration obligatoires. Pour assurer sa préservation, les règles concernant l'obligation de l'apprentissage et la diffusion de la religion ont été prescrites.


2. Vie : Pour assurer la préservation de la vie humaine, Dieu Le Très Haut a prescrit le mariage, l'alimentation et la vie saine, et l'interdit de prendre une vie et a fait encourir des châtiments pour l'avoir fait.

3. Intellect : Dieu a permis que soient encouragés l'intellect clair et la connaissance authentique, et interdit ce qui le corrompt ou l'affaiblit, comme l'alcool ou la drogue. Il a également imposé des peines préventives pour que les gens s'en tiennent éloignés, car un intellect clair est la base de la responsabilité morale qui a été donnée aux humains.


4. Lignée : Le mariage a été prescrit pour la préservation de la lignée, et les relations extraconjugales ont été interdites. Des lois punitives ont été mises en place pour assurer la préservation de la lignée et la continuité de la vie humaine.


5. Richesse : Dieu a rendu obligatoire notre propre entretien ainsi que celui de ceux dont nous sommes responsables, et instauré des lois pour réguler les transactions et le commerce entre les gens, et cela pour imposer des échanges équitables, une justice économique, et pour éviter l'oppression et la dispute.


Besoins et Commodités

Les besoins et les commodités sont des choses que les gens recherchent pour obtenir une bonne vie, et éviter la difficulté, même si elles ne sont pas essentielles. L'esprit de Shari'ah concernant les besoins et les commodités est résumé dans le Qur'an : « et Il ne vous a imposé aucune difficulté dans la religion » (22 :78) Et : « Dieu ne veut pas vous imposer quelque difficulté, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. » (5 :6)

Ainsi, tout ce qui procure le bonheur aux humains, au sein de l'esprit de la Guidée Divine, est permis par la Shari'ah.


Les Sources de la Shari'ah

Les sources premières de la Shari'ah sont le Qur'an et l'exemple du Prophète Muhammad (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix). Le Qur'an

Le Qur'an a été révélé au Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) graduellement sur 23 ans. L'essence de son message est d'établir l'unicité de Dieu et le besoin spirituel et moral que l'homme a de Dieu. Ce besoin est satisfait par l'adoration et la soumission, et a des conséquences décisives dans l'Au-Delà.


Le Qur'an est la parole de Dieu. De par son style et son éloquence inimitable et, surtout, la guidance et les provisions légales avec lesquels il est descendu, il assure le bien de l'humanité pour dans ce monde et dans l'autre.


Dieu Le Très Haut a dit : « Certes, ce Coran guide vers ce qu'il y a de plus droit, et il annonce aux croyants qui font de bonnes oeuvres qu'ils auront une grande récompense » (Qur'an 17 : 9) et : « Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus de Dieu ! Par ceci (le Coran), Dieu guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit » (Qur'an 5 : 15-16)


L'Exemple Prophètique (Sunna)


Le rôle du Prophète a été exposé dans le Qur'an: « Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu'on a fait descendre pour eux » (Qur'an 16 :44)


Cette exposition s'est faite à travers les mots, les actes, et l'exemple du Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix). Suivre la guidance et l'exemple du Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a été rendu obligatoire : « Ô les croyants ! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager » (54 : 59) et : « En effet, vous avez dans le Messager de Dieu un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Dieu et au Jour dernier et invoque Dieu fréquemment. » ( 33 : 21) Le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a lui-même enseigné : « Je vous ai laissé deux choses, si vous vous y tenez, vous ne serez pas égarés : le Livre de Dieu et mon propre exemple. » [Rapporté par Hakim et Malik]


Sources dérivées

Il y'a deux sources dérivées sur lesquels on s'est mis d'accord: le consensus des savants (ijma') et l'analogie juridique (qiyas)


Le Consensus des Savants (Ijma')

La base du consensus scientifique en tant que source juridique est le commandement Coranique de résoudre les problèmes par la consultation, comme Dieu l'a demandé : « qui répondent à l'appel de leur Seigneur, accomplissent la Salat, se consultent entre eux à propos de leurs affaires » (42 :38) Le consensus scientifique est défini comme l'accord de tout les savants Musulmans arrivés au niveau du raisonnement juridique (ijtihad) à une époque donnée sur un jugement juridique donné. Etant donnée la condition que tous ces savants soient d'accord sur un jugement, sa portée est limitée à des questions qui sont claires selon le Qur'an et l'exemple Prophétique, sur lesquels un tel consensus est forcement basé. Mais quand il est effectivement établi, le consensus des savants est une preuve décisive.


L'Analogie Juridique (Qiyas)

L'analogie juridique est un outil puissant pour dériver des jugements sur des nouvelles questions. Par exemple, les drogues ont été rendues illicites de par l'analogie juridique avec la prohibition de l'alcool qui a été établie dans le Qur'an. Un tel jugement est basé sur la cause d'intoxication commune qui est sous-jacente.


L'analogie juridique et ses divers outils permettent aux juristes de comprendre les raisons et les causes sous-jacentes aux jugements du Qur'an et de l'exemple Prophétique (sunna).


Ceci aide pour gérer la nature en perpétuel changement des situations humaines, et permet que de nouveaux jugements plus adéquats soient appliqués régulièrement.

Au-delà du Ritualisme

Même si la Shari'a apporte des bénéfices dans ce monde, le but ultime de ceux qui s'y soumettent est d'exprimer leur servitude à leur Créateur.


Cette voie a été prescrite dans une déclaration Divine rapportée par le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) [hadith qudsi] : « Rien de ce qui rapproche Mon adorateur de Moi ne M'est plus agréable que l'accomplissement des obligations que Je lui ai prescrit. Mon adorateur ne cesse de se rapprocher de Moi par les pratiques surérogatoires, jusqu'à ce que Je l'aime ; et lorsque Je l'aime Je deviens son ouïe par laquelle il entend, son regard par lequel il voit, sa main avec laquelle il agit et ses pieds avec lesquels il marche. Si il Me demande, Je l'exauce, si il cherche refuge auprès de Moi je lui accorde. » [Rapporté par Bukhari]


Si la dimension juridique donne à l'Islam sa forme, la dimension spirituelle est sa substance. La vie spirituelle de l'Islam, et ses buts, ont été soulignés dans la déclaration Divine (ci-dessus). Le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) a expliqué l'excellence spirituelle comme étant : « d'adorer Allah comme si tu Le voyais, car même si toi tu ne Le vois pas, [saches que] Lui te voit. » La spiritualité de l'islam est un moyen pour la réalisation de la foi et la perfection de la pratique. C'est chercher l'eau vers laquelle la Shari'ah est un chemin clair, l'eau qui donne la vie aux esprits et aux âmes qui recherchent la signification.

C'est la spiritualité, et ses nombreux degrés, qui attirent les Musulmans à leur religion, à son mode de vie, et aux règles de la Shari'ah.

« Et ceux qui croient aiment Dieu intensément » (Qur'an, 2 : 165)

Faraz Rabbani,
Amman, Jordan.

Sources:

 Al-Madkhal li Dirasat al-Shariah al-Islamiyya (Abd al-Karim Zaydan)

 Usul al-Fiqh al-Islami (Wahba Zuhayli)

 Al-Muwafaqat (Shatibi)

 Al-Mustasfa (Ghazali)

 Hujjat Allah al-Baligha (Wali Allah al-Dahlawi)

 Reliance of the Traveller (tr. Nuh Keller)

 Al-Tahrir (Ibn al-Humam)

# Posté le jeudi 11 mai 2006 18:37

Fi Al-îbadat - Sixième partie: Correction des fautes dans la salat

Fi Al-îbadat -  Sixième partie: Correction des fautes dans la salat
OUBLIS AU COURS DE LA PRIERE


Les prosternations en réparation d'oubli sont des pratiques d'ordre traditionnel renforcées.

Toute erreur commise dans la prière et consistant en une omission devra être réparée par deux prosternations avant le salut final, quand les deux Tachahodes sont terminés, puis par un nouveau Tachahode.

Toute erreur commise dans la prière et consistant en une addition, doit être réparée par deux prosternations après salut final.

Après chacune d'elles, le fidèle prononcera un autre salut.

Celui qui commet une erreur par omission et par addition devra faire une prosternation avant le salut final.

Celui qui oublie la prosternation qui précède le salut final, la fera s'il se le rappelle peu après. S'il ne se la rappelle que longtemps après, ou après la sortie de la mosquée, la prosternation n'est plus valable de même la prière, si l'oubli porte sur trois SOUNNAH (prescription d'ordre traditionnel) ou da­vantage ; sinon sa priere est valable.

Celui qui oublie de faire la prosternation après le salut final devra la faire même un an après.

Pour celui qui omet une obligation d'institution divine, la prosternation réparatrice n'est pas valable.

Celui qui oublie des actes méritoires (Fadaël) n'a pas à faire de prosternations

On ne doit faire la prosternation avant le salut terminal, que si l'oubli porte sur deux SOUNNAH (prescription d'ordre traditionnel) ou davantage. Mais pour une seule SOUNNAH il n'y a pas à faire de prosternation, moins que ce ne soit la récitation à basse voix ou à haute voix qui ait été oubliée.

Celui oui a baissé la voix dans la récitation de la prière au lieu de l'élever, doit se prosterner avant le salut final.

Celui qui élève la voix dans la prière à voix basse, doit se prosterner après le salut final.

Celui qui, par oubli, aura parlé (durant la prière) fera une prosternation après le salut final.

Celui qui fait le salut final après deux inclinaisons — RAKÂAS doit se prosterner après le salut final.

Une prière redoublée — par erreur — n'est pas valable.

Celui qui doute avoir achevé sa prière doit exécuter ce qui est douteux.

Le doute d'omission vaut la certitude, c'est ainsi que le fidèle qui pense avoir oublié une inclination -- RAKÂA — ou une prosternation doit l'accomplir et ajouter une proster­nation au salut final.

S'il doute avoir accompli le salut final, il doit le faire s'il s'en aperçoit immédiatement, mais n'est pas tenu d'y ajouter une prosternation ; s'il s'en aperçoit longtemps après, sa prière n'est pas valable.

Le fidèle sujet au doute ne doit pas en tenir compte, et n'a pas à réparer ce qu'il croit avoir omis, mais doit une proster­nation après le salut final, que son inquiétude porte sur des omissions ou sur des additions.

Celui qui élève la voix au cours du (COUNOUT) n'a pas à se prosterner, mais s'il l'a intentionnellement il encourt le blâme.

Qui aura ajouté une Sourate pendant les deux dernières RAKÂAS n'a pas à se prosterner après.

Celui qui entend prononcer le nom de Mohammed — que le bénédiction et le salut soient sur lui — et prononce lui-même cette formule, n'est tenu à rien, qu'il l'ait fait instinctivement au intentionnellement, en position debout ou assise.

Celui qui récite deux Sourates ou davantage au cours d'une seule RAKÂA, ou qui, ch. récitation d'une Sourate, passe à une autre, ou fait une Rakaâ avant d'avoir terminé une Sourate, ne doit rien pour cela.

On ne doit rien pour un signe de tête ou de main, fait au cours de la prière.

Celui qui, par erreur, a répété la Fatiha, doit une proster­nation après le salut final, mais, s'il l'a fait intentionnellement, sa prière, semble-t-il, n'est pas valable.

Celui qui se souvient avoir oublié une Sourate après s'être incliné pour le Roukoûe n'est pas tenu à une nouvelle récitation.

Quiconque se souvient avoir remplacée la récitation à voix basse par la lecture à voix haute, ou inversement, avant le Roukoûe, doit réciter à nouveau (comme ce doit l'être).

Si l'omission porte sur une seule Sourate il doit la réciter et n'a pas à se prosterner. Si l'oubli a porté sur la récitation de la Fatiha, il doit la faire et se prosterner après le salut final. Néanmoins s'il a oublié de réciter à haute voix au moment de l'inclination (Roukoûe) il se prosternera avant le salut final ; si l'oubli a porté sur la récitation à voix basse il doit une prosternation après la salut final, qu'il l'ait oublié la Fatiha ou une autre Sourate.

Celui qui rie au cours de la prière l'annule, que ce soit par oubli ou de propos délibéré, car ne rie (au cours de la prière) que l'homme négligent, ou le plaisantin.


Le croyant qui se lève pour prier doit détourner son coeur de toute chose hormis Dieu — gloire à lui — bannir de sa pensée le monde, et ce qu'il contient afin d'avoir présentes en son âme : la Majesté Divine et sa Grandeur ; son coeur doit tres­saillir et son âme s'imprégner de la crainte de Dieu, Très-haut. Cette prière est celle des pieux croyants.

Le simple sourire est sans importance.

Les pleurs du fidèle fervent sont pardonnables.

Celui qui écoute un peu les propos d'un causeur ne doit rien.

Celui qui, après les deux Rakâas et avant de s'asseoir (Joulouss) se dispose à se lever, et se rappelle alors qu'il doit rester assis, .le fera et ne se prosternera pas, à condition que ses mains et ses genoux n'aient pas quitté le sol. Au cas con­traire, il doit continuer sa prière et se prosterner avant le salut final s'il se rassied après s'être relevé, par oubli ou intention­nellement, sa prière est valable moyennant une prosternation après le salut final.


Celui qui renifle, par oubli, pendant la prière, demande une prosternation après le salut final ; mais si l'acte est intentionnel la prière n'est pas valable.

Si le fidèle éternue pendant la prière, il n'a pas à se préoc­cuper du Hamde —Al-HamdouLillahi — ni à répondre au souhait qu'on lui fait. De même il n'a pas à prononcer de for­mule si son voisin éternue. Prononcer louange à Dieu — Al­-HamdouLillahi — est permis au cours de la prière.

S'il bâille, il doit porter la main sur sa bouche, et terminer le bâillement sans prononcer des lettres.

Celui qui pense se trouver en état de souillure mineure ou d'impureté légale, mais se convainc de sa pureté, ne doit rien.

Se tourner par inadvertance, au cours de la prière, ne demande pas réparation ; mais si c'est fait intentionnellement c'est blâmable. Si le mouvement conduit le fidèle à tourner le dos à la Kibla — AL-Kaâba — la prière est rompu, elle doit être recommencée.

Celui qui vient à la prière, habillé de soie, ou porteur de bijoux d'or, ou qui, pendant que l'on prie commet un larcin, ou regarde une chose défendue, est un rebelle à la loi divine, mais sa prière est valable.

Celui qui, au cours de la récitation de la prière se trompe d'un mot, doit se prosterner après le salut final. Si le mot em­ployé est du Coran, il ne doit pas de prosternation, sauf s'il modifie la phrase ou son sens.

La somnolence pendant la prière ne demande pas de réparation, mais le sommeil profond oblige à recommencer la prière et les ablutions aussi.

Les gémissements d'un fidèle malade sont pardonnables ; de même la toux, mais tousser pour attirer l'attention est désapprouvé, bien que la prière reste valable.

Le fidèle appelé qui répond : « Soubhanallah » est à blâmer, mais sa prière est valable.

Celui qui, récitant la prière, s'arrête par défaut de mé­moire, et auquel personne ne peut souffler, doit délaisser ce verset et passer à la suite ; s'il ne le peut, il doit s'incliner. Si un Coran est en face de lui, il ne peut y lire sauf la Fâtiha qu'il doit de toute nécessité achever de prononcer en la lisant dans un Coran ou dans un autre livre.


Si un seul verset a manqué à sa récitation, il doit une prosternation avant le salut; si c'est davantage la prière n'est pas valable.

Souffler à quelqu'un d'autre qu'à l'Imam annule la priè­re ; le fidèle ne peut souffler à son Imam que si ce dernier l'attend, ou si sa récitation modifie le sens du texte Coranique.

Celui qui, pendant la prière, a des pensées étrangères voit diminuer sa récompense en faveurs divines mais sa prière est valable.

Repousser de la main, en priant, une personne qui passe, toucher le sol par un côté du front, ou bien par un ou deux pas de son turban ne demande pas de réparation, de même pour le vomissement involontaire ou les régurgitations liquides.

Quant à celui qui prie sous la direction d'un Imam, a responsabilité de ses oublis incombe à ce dernier, à moins qu il ne s'agisse de l'omission d'un obligation d'ordre divin.


Si celui qui prie sous la direction d'un Imam oublie, ou s'il est pris de somnolence, ou s'il a été bousculé pendant son inclination ( Roukoûe ), alors qu'il n'est pas dans la première Rakâa, s'il pense rattraper l'Imam avant que ce dernier se relève de la deuxième prosternation, il doit faire son inclina­tion et le rattraper ; s'il ne pense pas pouvoir le rejoindre, il abandonnera l'inclination et suivra l'Imam, mais fera en com­pensation une inclination — Rakâa — après le salut de son Imam.

S'il oublie une prosternation, ou s'il est bousculé en la faisant, ou s'il a été pris de somnolence jusqu'à l'instant où l'Imam se relève pour une autre inclination, il doit se proster­ner s'il pense rejoindre l'Imam avant que ce dernier s'incline; sinon il doit le suivre et accomplira une autre inclination ; l'ayant faite il n'a pas à se prosterner, sauf s'il a des doutes sur l'inclination ou la prosternation.

Celui qui, pendant la prière, voit une scorpion ou un ser­pent se diriger vers lui et le tue, ne doit rien, sauf s'il a mis long­temps pour le faire, ou s'il s'est détourné de la KIBLA, il doit alors arrêter sa prière et la recommencer.


Celui qui ne sait plus s'il en est au Ouître — Rakâa suré­rogatoire unique — ou à la deuxième inclination du Chaf' —couple des Rakâas surérogatoires — se considérera comme étant à cette dernière, se prosternera après le salut final et fera ensuite le Ouître.

Parler par inadvertance entre le Chaf' et le Ouître ne demande pas réparation, la faire intentionnellement est blâ­mable, mais n'en demande pas non plus.

Celui qui a été devancé par l'Imam de moins d'une Ra­kâa ne doit faire aucune prosternation, et s'il la fait sa prière n'est pas valable. Si son retard est d'une Rakâa complète ou davantage, il se joindra à l'Imam pour la prosternation expia­toire qui précède le salut final et différera jusqu'à la fin de sa prière la prosternation expiatoire qui succède au salut final, c'est alors qu'il se prosternera.

Si le fidèle devancé par son Imam se rend compte qu'il a fait une omission après le salut de l'Imam, il est mis au rang de celui qui fait seul sa prière.

Si le fidèle devancé par son Imam, se doit d'un devoir (surérogatoire du côté de son Imam, et obligatoire de son côté lui-même) le devoir obligatoire lui sera suffisant.


Celui qui oublie l'inclination et s'en souvient pendant la prosternation, se rend debout, lit quelques versets, recommen­ce l'inclination — Roukoûe — et continue sa prière, et se pros­ternera après le salut final.

Celui qui oublie une seule prosternation, et s'en souvient après avoir été début, se rend assis immédiatement, pour refaire cette prosternation ; mais s'il s'en souvient en étant assis, il la fera tout de suite.

Si le fidèle se souvient de la prosternation après avoir levé sa tête de l'inclination précédente, il continue alors sa prière sans revenir à la prosternation passée, et supprime la proster­nation de l'oubli, en augmentant une autre inclination qui lui remplace, et se prosternera avant le salut final; et de même si cette inclination est l'une des deux premières inclinations, et le fidèle s'en souvient après avoir commencé la troi­sième, ou après le salut final, ou si cette 'inclination n'est pas l'une des deux premières et s'en souvient avant avoir commen­cé la troisième ( puisqu'il a déjà fait la récitation, l'inclination et la prosternation ).

Celui qui fait le salut final ayant des doutes de sa prière, sa prière n'est pas valable.

L'oubli dans la prière de réparation — prière à refaire —est exactement comme dans la prière obligatoire ; et l'oubli dans la prière surérogatoire est comme dans la prière obliga­toire, sauf dans six cas :

La Fatiha, la Sourate, la récitation à voix basse, la réci­tation à haute voix, l'augmentation d'une Rakâa, et l'oubli de quelques obligations divines.

Celui qui oublie la Fatiha dans la prière surérogatoire, et s'en souvient après l'inclination, continue sa prière et se pros­terne avant le salut final, contrairement à ce qui se fait dans la prière d'obligation divine, où on ne se rend pas compte de cette Rakâa et on augmente une autre en se prosternant comme dans le cas de celui qui oublie la prosternation.

Celui qui oublie la Sourate ou la lecture à haute voix ou à basse voix dans la prière surérogatoire, et s'en souvient après l'inclination, continue sa prière et ne doit pas de prosternation, contrairement à ce qui se fait dans la prière d'obligation divine.


Celui qui se lèvre pour une troisième inclination dans la prière surérogatoire, et se rappelle être en faute avant de s'in­cliner, doit revenir à la prosternation après le salut final. S'il se rappelle avoir fait une addition après la troisième inclinaison, il doit continuer sa prière et faire une quatrième Rakâa et se prosterner après le salut final, contrairement à ce qui se fait dans la prière d'obligation divine, car dans celle-ci il doit revenir à sa prière et se prosterner après le salut final.

Celui qui oublie un élément constitutif dans la prière suré­rogatoire, comme l'inclination ou la prosternation, et ne s'en souvient qu'après le salut final et longtemps après, n'a pas à refaire sa prière ; contrairement à la prière d'obligation divine qu'il devra obligatoirement accomplir et réparer.

Celui qui interrompt — de propos délibéré – la prière surérogatoire, ou en oublie une inclination ou une prosterna­tion intentionnellement doit toujours la refaire.

Celui qui soupire, au cours de sa prière, ne doit rien, sauf s'il prononce — distinctement — une lettre de l'alphabet

Si l'Imam commet une omission ou une addition, le fidèle guidé doit attirer son attention en disant : Soubhanallah —gloire à Dieu —

S'il prononce le salut final, fait une autre inclination en remplacement de celle que tu as annulée pour réparer la prière tu te prosterneras avant le salut final. .

Si vous êtes en groupe dans la prière, il est préfé­rable de charger l'un de vous de terminer votre prière.


Si l'Imam ajoute une troisième prosternation dis-lui : Soubhanallah ! Et ne te prosterne pas avec lui.


Si ton Imam se lève après deux inclinations dis-lui: Soub­hanallah ; s'il a quitté le sol (pour se relever) suis-le. Si l'Imam s'assoit dans la première Rakaâ ou dans la troisième inclination, lève-toi et ne t'assied pas avec lui ; s'il fait une seule prosternation et oublie la seconde dis-lui : Soubhanallah, et ne te lève pas avec lui, sauf si tu crois qu'il a l'intention de faire une (seconde) inclination, auquel cas tu dois le suivre et ne t'assieds pas avec lui après, ni dans la seconde, ni dans la quatrième inclination. S'il prononce le salut final, fait une autre inclination en remplacement de celle que tu as annulée pour réparer la prière tu te prosterneras avant le salut final. . Si vous êtes en groupe dans la prière, il est préfé­rable de charger l'un de vous de terminer votre prière.


Si l'Imam se lève pour une cinquième inclination, celui qui est certain de sa validité ou en doute, doit le suivre; celui qui est certain qu'elle est de trop, doit s'asseoir. Si le fidèle du premier cas s'assoit et celui du second cas se lève, leur prière n'est pas valable.

Si l'Imam prononce le salut final avant d'avoir terminé sa prière, le fidèle qui prie sous sa direction doit lui dire : Soubhanallah ! S'il ajoute foi à son rappel il devra achever sa prière et se prosterner après le salut final. Si l'Imam a des dou­tes sur le rappel (qui lui a été adressé par le fidèle) il devra s'informer auprès des deux fidèles dignes de foi, et il leur est permis, dans ce cas, de parler ; s'il est convaincu de ne pas s'être trompé il devra agir comme il le croit, et n'a pas à tenir compte des dires des deux fidèles, mais, s'ils sont plus nombreux il devra s'en rapporter à eux.

# Posté le jeudi 11 mai 2006 18:30